Editorial

La République des maîtres-chanteurs

Invisible, la bataille est pourtant livrée au quotidien. Elle oppose la République de la règle (de droit) à la République de l’exception. Qu’importe le gouvernement,  les mêmes dérives demeurent. Certains squatters sont régularisés pendant que leurs voisins continuent d’attendre. Des logements sociaux sont octroyés en des temps records à des heureux élus tandis que d’autres cotisent pendant des années, en vain. La liste des exceptions consenties quotidiennement est interminable. Le

La Carte C

Insidieusement, il s’immisce dans la [pré]campagne électorale. En soi, le vote communal n’est pas un phénomène nouveau à Maurice. « Koup zot, donn enn nou bann », « pa vot sa [insérer ici le nom de l’ethnie honnie] la » sont des injonctions entendues depuis des décennies. Utilisée à grande échelle, la carte communale est susceptible de contrarier les mécaniques électorales les mieux huilées. Car à défaut de permettre de gagner la partie, elle peut rendre la

Gagner, oui. Mais contre qui ?

Assez ! Voici près de six mois que ça dure. Le pays vit dans l’expectative. Les électeurs ne comprennent plus trop qui est au pouvoir et qui ne l’est pas. Les décideurs – administratifs, politiques et économiques – naviguent, eux, de sursis en sursis. Tentant de déférer leurs décisions pour quand la situation politique sera plus lisible et prévisible. Depuis dimanche, toutefois, une inconnue est résolue. Maintenant que l’union Parti travailliste

Futur [conditionnel] politique

Le dimanche 11 mars 2068, après 53 ans d’existence, la Constitution de la IIe République nous réserve une nouvelle surprise. La plus improbable d’entre toutes. Dix minutes après la fermeture des bureaux de vote, la population découvre avec stupeur l’identité du nouveau président de la République. Tous les sondages avaient prévu une lutte serrée entre les candidats des deux principaux blocs politiques. Mais aucun d’entre eux n’avait prédit que celui qui

C’était écrit…

Au fil des mois, Navin Ramgoolam a posé la même question à ses interlocuteurs : « Et si je ne fais pas d’alliance avec Bérenger, qu’est-ce qu’il se passera ? » Les réalistes lui ont cyniquement répondu qu’un des deux scénarios suivant se réalisera alors. Le leader du MMM conclura un Re-Remake 2000. Ou alors, Ramgoolam tentera une réédition de l’alliance de l’avenir de 2010. Le temps faisant son œuvre, l’un des deux scénarios deviendrait tout

L’alliance sans C

Quoi qu’en disent les nostalgiques du Remake 2000 ou ceux qui cultivent une hostilité viscérale envers Navin Ramgoolam ou Paul Bérenger, l’alliance Travailliste-MMM a toujours de très bonnes chances d’être conclue. Mais loin de se faire dans la sérénité, la clôture du deal est marquée par le sceau de la méfiance. Pendant que le leader des rouges affirme qu’il ne reste que « quelques points à peaufiner », le patron du MMM

Ce qu’il fallait démontrer sur Nandanee Soornack

Beaucoup d’encre a déjà coulé sur les photos de Navin Ramgoolam publiées par l’express. Après l’article-teaser d’hier, le quotidien de référence du pays, nous révèle aujourd’hui ‑ et au bout d’un suspense intenable de 24 heures ‑ que c’est bien avec Nandanee Soornack que le Premier ministre fait la fête. Le « droit à l’information » triomphe. « La liberté d’informer le public sur un débat d’intérêt général : quels sont les liens entre le

Jocelyn Grégoire, l’ennemi public No 1 ?

Un congrès et quelques phrases chocs ont suffi pour que Jocelyn Grégoire revienne à l’avant-plan de la scène médiatique. Si le but du président de la Fédération Créole Mauricien (FCM) était de provoquer, en appelant ses troupes à être « rasis, kominalis, noubanis » avec lui, il a brillamment réussi. Si l’objectif était toutefois de faire bouger les mentalités et de donner à la FCM les moyens de ses ambitions, Grégoire a

To budget, or not to budget?

Qu’importe si le pouvoir en place est bleu, mauve, orange, marron foncé ou gris clair. Le gouvernement qui dirigera le pays en novembre devra présenter un budget. Se pourrait-il toutefois que ce soit l’actuel titulaire du poste – Navin Ramgoolam – qui le fasse ? Passons en revue les raisons qui pourraient conduire Navin Ramgoolam à tenter le coup. SSR et SAJ l’ont fait. Le Premier ministre aime l’Histoire et se fait

Mini amendement, maxi conséquences

Voici exactement un mois que l’alliance Travailliste-MMM est officiellement « off » et cela, « pour de bon ». Parce que Navin Ramgoolam a « cédé à des pressions » en tentant de revenir sur des « conditions fondamentales » d’un deal d’alliance rouge-mauve. Et voici une semaine que le pays constate  – grâce à la diffusion en direct des débats parlementaires – l’étonnante complicité entre Paul Bérenger et le Premier ministre. La conclusion s’impose : « la rupture pour de bon »

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