Editorial

A l’amour, à la mort

«If it bleeds, it leads». C’est la formule qu’utilisent les médias anglo-saxons pour indiquer que les drames – les meurtres notamment – attirent le chaland. Et qu’il est donc normal de les installer à la une des journaux radio, télé et papier. La presse locale n’échappe pas à cette règle, on a donc régulièrement parlé ici de la dérive fait-diversière, aboutissant à la «croque-mortification» de l’info. L’actualité de la semaine

Policing without due care

Vous roulez sur un bypass pas trop fréquenté, peut-être un peu au-dessus de la vitesse autorisée. Après tout, c’est un dimanche après-midi et il n’y a pas grand monde sur ce tronçon. Au loin, vous voyez deux motos foncer dans votre direction. Une d’entre elles roule pile au milieu des deux voies. L’autre, plus ou moins dans son couloir. Vous vous dites qu’une des bécanes double l’autre et qu’elle finira

Petits déballages entre amis

L’audition d’Álvaro Sobrinho par la commission anticorruption ; le passage express de Youshreen Choomka à Réduit; les travaux de la commission d’enquête sur les agissements d’Ameenah Gurib-Fakim alors qu’elle était présidente. La semaine écoulée nous a fourni son lot de… non rebondissements. Ceux qui s’attendaient à des révélations fracassantes sont restés sur leur faim. Il y a des explications à cela. Commençons par la commission Caunhye. Au final, qu’a-t-on appris

La prison de SAJ

Bhishma. C’est le nom d’un important personnage du Mahâbhârata qui fait le terrible vœu de ne pas s’unir ni avoir d’enfant afin de servir l’empire et son souverain. Son sacrifice est récompensé par un don. Celui de ne mourir que lorsqu’il le souhaite. Bhishma choisit alors de pousser son dernier soupir que quand il sera certain que le royaume est protégé. Cette faculté – qui devient aussi sa malédiction –

Mwa ki mari. Non, mwa ki mari!

Admettons que Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam sortent indemnes de l’appel dans l’affaire Medpoint pour l’un et des procès Roches-Noires et des coffres-forts pour l’autre. Les deux leaders politiques seront alors les seuls prétendants réels au poste de Premier ministre lors des prochaines législatives. Que le pays soit appelé aux urnes dans quatre mois ou durant le trimestre suivant la dissolution de facto du Parlement, le 21 décembre 2019, c’est

La soif de reconquête de Ramgoolam

La légende veut qu’un leader politique se retrouva un jour sur le même vol long-courrier que le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM). Assis à la place préférée de l’homme politique en première classe, le patron de la BoM refusa de céder son siège. Toujours en poste quand l’homme politique retourna au pouvoir, le gouverneur ne tarda pas à être éjecté. De Navin Ramgoolam aux Jugnauth, tous les chefs

C’est une histoire de personnes, pas d’institutions

Les Américains ont une expression imagée : «To throw someone under the bus». En annonçant la démission de deux membres de son gouvernement alors qu’il rendait public le rapport de la commission d’enquête sur les drogues, Pravind Jugnauth a fourni un os à ronger aux caniches et pitbulls des médias. Tout en donnant l’impression aux Mauriciens de s’arc-bouter sur des principes forts. Au fur et à mesure que d’autres pans du

Les blue-eyed boys and girls

C’est humain. Les uns vont vouloir canoniser Paul Lam Shang Leen, Sam Lauthan et le Dr Ravind Domun pour avoir rédigé un volumineux rapport sur un problème aussi complexe que celui de la drogue. Les autres seront tentés de ne retenir que les blâmes. Au sujet de la politique inadaptée de ce gouvernement à l’égard des toxicomanes. Ou contre l’inaction des gouvernants de 2005 qui n’ont pas su ou voulu

Intelligence artificielle et intelligence tout court

Occupés à nous pâmer devant la modernité du Budget de Pravind Jugnauth, nous sommes passés à côté d’un évènement inédit. La veille du discours du ministre des Finances, Google a annoncé l’ouverture de son premier Artificial Intelligence (AI) Research Centre en Afrique. Que les exaltés de service se calment, le centre n’ouvrira pas à Moka ou à Port-Louis. Mais plutôt à Accra, au Ghana. Après un premier annoncé à Beijing. Le

Quand on prend l’habitude de se vendre au plus offrant

Parfois c’est la pression populaire, dans d’autres cas ce sont les représentations d’acteurs économiques qui contraignent le ministre des Finances et le gouvernement à revoir leur copie après les annonces budgétaires. Dès le 14 juin, il nous semblait évident qu’une des mesures préconisées par Pravind Jugnauth allait avoir beaucoup de mal à trouver son chemin dans le Finance Bill. Tant elle a été immédiatement décriée. Dans une alliance tacite inédite, société

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