Afsar Ebrahim confirme la version d’Akilesh Deeparlsing. Le conseiller de Roshi Bhadain «m’a bien contacté pour avoir une copie» du procès-verbal de la réunion entre Peter Munga, de Britam Kenya, et Vidianand Lutchmeeparsad, ex-Permanent Secretary aux Finances. Et le no 2 de BDO la lui a remise après consultation avec Yacoob Ramtoola, Group Managing Partner du cabinet.

Deux versions quant à cette réunion ont été présentées à la commission d’enquête sur la vente des parts de BAI dans Britam. L’ancien PS avait rencontré le Kenyan à Nairobi en novembre 2015. Et entendu de nouveau sur cela en avril dernier.

Pourquoi avoir remis ces notes à l’ancien conseiller de Roshi Bhadain ? «To promote transparency», a affirmé Ebrahim à l’ex-juge Bushan Domah. «We know it is confusing», a concédé le témoin. Et d’expliquer que Yacoob Ramtoola n’étant pas au pays à cette époque-là, il s’était tout de même entretenu avec lui. Les deux hommes avaient alors «collectively agree» de remettre le procès-verbal à Deerpalsing.

Deerpalsing s’était fait tancer, lors de son audition en avril dernier, pour avoir récupéré ce document.

Pour ce qui est de l’offre de Rs 4,3 milliards, Ebrahim maintient que personne n’était au courant, que «no one in government raised it». Pas même le secrétaire financier Dev Manraj. «We are as confused as you are» sur cette question, a soutenu le témoin à la commission d’enquête. Qui soutient ne pas être au courant des documents que Lutchmeeparsad avait en sa possession.

Le président de la commission s’est ensuite attardé sur le rapport préparé par BDO quant à la vente des actions. Comment un document aussi important a-t-il pu être préparé en seulement 48 heures ? a voulu savoir Domah.

L’équipe de la BDO a travaillé jour et nuit en se fiant aux documents remis par son client, la Financial Services Commission (FSC). Il y a aussi eu deux réunions avec la FSC auxquelles assistaient également Padassery Kuriakose Kuriachen, Dev Manraj, Akilesh Deerpalsing, les anciens ministres Bhadain et Showkutally Soodhun ainsi que leur collègue au Cabinet, Soodesh Callichurn et l’Attorney General d’alors, Ravi Yerrigadoo.

Pourquoi des ministres du gouvernement à ces réunions qui était supposée être entre le cabinet BDO et son client ? a interrogé, étonné, le président de la commission. «They were from government so I did not question», répondu son interlocuteur.

A maintes reprises, l’ancien juge l’a interrompu : Afsar Ebrahim avait-il fait preuve de «professional scepticism» sur une affaire «aussi critical» et contrevérifier les données remises par la FSC ? Hervé Duval Jr, représentant légal d’Ebrahim, est alors intervenu. Faisant remarquer que : «We have to assume good faith of our clients.»

Il n’y avait aucune raison de croire que la FSC lui cacherait des informations, a répondu le no 2 de BDO. Et donc aucune raison pour contrevérifier.

En ce qui concerne la vente des actions, Ebrahim a maintenu que la vente était basée sur le «market price». Et la réunion qui a eu lieu avec Peter Munga ? le Deputy Group Manager de BDO maintient que le prix n’avait pas été discuté durant la réunion.

Cette troisième audition d’Afsar Ebrahim a été consacrée au rapport de la BDO sur la vente des actions de Britam et à son rôle dans la mise en œuvre. Le no 2, qui devait à l’origine être entendu la semaine dernière, a été entendu pour des précisions suivant ses réponses écrites, soumises hier soir.