C’est le 23 juin que les Britanniques se prononceront, via référendum, sur une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Il est, par conséquent, « prématuré » à ce stade d’évaluer les conséquences pour Maurice du Brexit (« British exit »). C’est la réponse de sir Anerood Jugnauth (SAJ) au leader de l’opposition, qui y avait consacré sa Private Notice Question.

« Il ne peut y avoir de funérailles sans décès », a ironisé le chef du gouvernement. « Nous ne pouvons décider de manière définitive avant que [le Brexit] ne se produise. » Si la sortie se confirme, « il y aura une période de transition de deux ans », indique le Premier ministre. Période durant laquelle Maurice pourra renégocier les termes de son partenariat avec le Royaume-Uni, directement. Alors que tout accord, pour l’heure, avec les Britanniques doit être au préalable approuvé par l’UE.

« Gouverner, c’est prévoir », a insisté à plusieurs reprises Paul Bérenger. « Il est du devoir du gouvernement de se préparer aux éventualités. » Il s’est ainsi étonné qu’il n’y ait eu que des consultations informelles formelles avec le secteur privé et pas de comité interministériel sur les répercussions du Brexit sur notre économie.

Reprenant les chiffres livrés par le Premier ministre, le leader du MMM rappelle que le Royaume-Uni est notre troisième plus gros marché touristique, derrière la France. Et parmi nos principaux marchés pour le textile et le sucre.

Le Premier ministre retient la suggestion de Bérenger de considérer un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni si celui-ci rejoint l’European Free Trade Association. Même si le leader de l’opposition s’inquiète que les règles d’origine qui sont appliqués affectent nos exportations.

Sir Anerood Jugnauth ne s’inquiète pas outre-mesure pour le tourisme, soulignant que notre stratégie de diversification des marchés porte ses fruits. Les arrivées d’Europe ont chuté de 9% entre 2000 et 2015 pour passer à 54% l’an dernier, note le PM, alors même que le nombre de touristes a presque doublé sur cette même période (657 00 en 2000 contre 1,15 million en 2015). Grâce, entre autres, au couloir aérien Asie-Maurice-Afrique, le pays devrait accueillir 55 000 nouveaux visiteurs cette année, avance encore SAJ.

Photo : AP Photo/Geert Vanden Wijngaert via The Telegraph