L’ambassadrice de la Délégation de l’Union européenne (UE) à Maurice a répondu, ce vendredi 24 juin, à nos questions en marge du référendum en Grande-Bretagne sur l’appartenance à l’UE où le « Leave » l’a emporté.

  • Le vote en faveur de Brexit vient-il affaiblir l’Union européenne de quelque manière ?

Tout d’abord, je précise que ce matin (NdlR : vendredi 24 juin) à Bruxelles, Donald Tusk, président du Conseil européen, Martin Schulz, celui du Parlement européen, Mark Rutte, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, Jean-Claude Juncker, qui préside la Commission européenne, se sont rencontrés pour discuter des résultats du référendum.

Dans une déclaration conjointe, ils disent que :

« C’est une situation sans précédent mais nous sommes unis dans notre réponse. Nous resterons fermes et nous défendrons les valeurs fondamentales de l’Europe qui consistent à promouvoir la paix et le bien-être de ses peuples.

« L’Union est le cadre de notre avenir politique commun. Nous sommes liés ensemble par l’histoire, la géographie, et des intérêts communs, et c’est sur cette base que nous développerons notre coopération. Ensemble, nous relèverons nos défis communs : générer de la croissance ; accroître la prospérité et assurer stabilité et sécurité pour nos citoyens. »

  • La sortie réelle du Royaume-Uni de l’EU pourrait prendre entre deux et trois ans. A quoi peut-on s’attendre ?

Nous nous attendons à ce que le gouvernement britannique active la procédure de l’article 50 du Traité de Lisbonne dès que possible. Tout délai provoquerait inutilement de l’incertitude. La situation est certes sans précédent mais il y a des règles pour gérer ce genre de situation de manière ordonnée, et nous devons les suivre.

Le Royaume-Uni reste un membre de l’UE, et jouit de tous les droits et obligations qui en découlent, jusqu’à ce que le processus de négociations prenne fin.

A ce stade, je ne sais pas combien de temps cela prendra, la première étape revient aux Anglais.

  • Il y a la perception que le Brexit signifie un retrait total du Royaume-Uni de toutes les instances européennes. Or, il y aura toujours des liens, économiques notamment mais aussi concernant la circulation des personnes…

Bien sûr, nous espérons que le Royaume-Uni demeure, à l’avenir, un partenaire proche de l’UE. Nous nous attendons à ce que les Britanniques formulent leurs propositions rapidement. Cela dit, tout accord avec le Royaume-Uni comme pays tiers devra refléter les intérêts des deux parties et être équilibré en termes de droits et d’obligations.

  • Pour les pays comme Maurice, qui ont des relations économiques étroites avec le Royaume-Uni, y a-t-il lieu de s’inquiéter du Brexit et de ce qui se passera ensuite?

Il y a de nombreux traités avec l’UE et ses Etats membres. Je ne peux commenter sur toutes les étapes qui suivront. Mais la semaine prochaine [mardi 28 juin], le Parlement européen se réunit à Bruxelles et les leaders européens auront l’occasion d’en discuter.

En ce qui concerne Maurice, il y a aussi des étapes à suivre.

Photo  d’archives

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