Si la State Bank of Mauritius ou Air Mauritius comptent l’Etat comme leur actionnaire majoritaire, elles demeurent des sociétés cotées en bourse. Et dont le cours des actions est susceptible d’être influencé par les déclarations politiques tonitruantes.

Ainsi, les actions de la SBM avait connu une baisse soudaine après l’annonce, prématurée, du gouvernement de la reprise des activités de la défunte Bramer Bank par l’institution de 1, Place d’Armes à Port-Louis. Ce lundi, c’est la déclaration de sir Anerood Jugnauth à son meeting du 1er Mai qui conduit à des effets indésirables sur la bourse de Maurice. En effet, le constat de « banqueroute » dressé par le Premier ministre aurait risqué de faire plonger ce matin le cours de l’action d’Air Mauritius à la Stock Exchange of Mauritius. Samedi, c’est le leader de l’opposition Paul Bérenger qui n’avait pas manqué d’en rajouter une couche en faisant état d’un hedging calamiteux effectué par Air Mauritius.

Face à cette situation, la compagnie d’aviation nationale a émis un communiqué en début d’après-midi, ce lundi. D’emblée, elle précise : « Air Mauritius wishes to reassure its shareholders and other stakeholders that it is not under any threat of insolvency ». Elle explique également que comme d’autres compagnies d’aviation, et suivant des conseils d’experts, elle a procédé à l’achat anticipé (hedging) de carburant et que cette stratégie permet à l’entreprise de bénéficier « from prevailing lower prices on its overall fuel bill ».

Air Mauritius termine son communiqué en exhortant ses actionnaires à ne compter que sur les « official communications of the company before taking any trading decision in the shares of Air Mauritius Ltd ».

3,9% du capital d’Air Mauritius sont détenus par de petits actionnaires ayant moins de 1000 parts. Ils sont plus de 10 000 et représentent 85% des actionnaires de la compagnie. Air France (2,8%), Air India (2,6%) et des fonds d’investissements étrangers détiennent également des actions de la compagnie nationale d’aviation.