L’indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) pour la période 2011-2014 a été rendu public ce lundi 5 octobre. Si Maurice maintient sa première place, devant le Cap-Vert et le Botswana (comme l’année dernière), le pays accuse toutefois une performance globale à la baisse. C’est dans la catégorie ‘Sécurité et Etat de droit’ et Développement économique durable que Maurice est le plus mal noté. Il perd également des points pour l’indicateur consacré aux Genres.

L’IIAG 2015 mesure la gouvernance dans 54 pays du continent africain en fonction de quatre critères : Sécurité et État de droit, Participation et humains, Développement économique durable et Développement humain. Cela en s’appuyant sur 93 indicateurs.

Maurice arrive donc 1er avec un score de 79,9 points sur 100. Elle arrive également en tête pour le sud de l’Afrique. Si le pays devance, cette année, le Cap-Vert de 5 points, il est toutefois loin du score affiché en 2009, le meilleur depuis la mise en place de l’indice Ibrahim.

Le pays arrive, certes, en première position dans la catégorie ‘Sécurité et Etat de droit’. Il recule toutefois de 5 points pour ce qui est du sous-indice de la sécurité individuelle, en raison d’une baisse de 50 points pour le facteur trafic humain. Au chapitre de l’Accountability, plus précisément l’indicateur ‘Accès à l’information’, Maurice perd 29,2 points. Et 3,6 points pour ce qui des droits de propriété. La Fondation Mo Ibrahim note cependant des améliorations notables dans les sous-catégories consacrées aux services en ligne (+15,8) et services de police (19,9), et celle plus « marginale » pour ce qui de l’indépendance du judiciaire.

C’est toutefois dans la catégorie Participation et droits humains que le pays est le plus mal noté, avec73,8 points et une cinquième place sur le continent africain. Un score largement dû à ses moindres résultats pour l’indicateur Genres (60,4) alors pour 12 des 14 sous-catégories, le pays se classe dans le top 3. Le pays perd en effet 33,3 points pour ce qui est de l’égalité des genres au travail, 16,7 points pour la législation sur les violences faites aux femmes et 5,6 points pour l’indicateur femmes en politique. Pour ce qui est de la ‘Participation’, les notes sont constantes depuis 2011, avec une légère hausse de 0,3 points mais un net recul de 13,2 points en ce qui concerne la liberté d’association et de réunion. (La suite plus bas)

Maurice Mo Ibrahim sous-categories

Maurice est également premier dans la catégorie Développement économique durable. Cela en raison de « résultats impressionnants » dans les sous-catégories suivantes : climat des affaires (87,7), infrastructures (83,6) et secteur rural (81). La gestion publique est toutefois à la traîne avec un score de 57,5 points et une 11place sur le continent. Parmi les indicateurs en cause pour cette faible performance : l’accès aux comptes d’entreprises publiques (une baisse de 50 points), le ratio revenus/dépenses totales (avec 43,5 points) mais aussi la diversification (20,4 points).

Le pays montre toutefois des améliorations dans cette catégorie, contrairement à la tendance négative notée sur le continent. Cela grâce aux infrastructures avec une hausse de 8,3 points.

C’est au chapitre du développement humain que le pays enregistre son meilleur score avec 85,7 points. Cela grâce aux améliorations notées au niveau de la santé et de l’éducation. On note cependant une baisse de 2 points pour la sous-catégorie ‘Welfare’.

Pour Mo Ibrahim, la performance générale notée dans l’IIAG 2015 est un « signal d’alarme ». Certes, dit le président de la fondation du même nom, « dans l’ensemble, nos concitoyens africains concitoyens africains sont certainement en meilleure santé et vivent dans des sociétés plus démocratiques qu’il y a 15 ans ». Cependant, explique-t-il, « l’IIAG 2015 montre que l’évolution récente sur le continent dans d’autres domaines clés est, soit au point mort, soit en déclin, et que certains pays majeurs semblent marquer le pas ». Si les pays du continent souhaitent assurer à leurs citoyens « l’avenir qu’ils méritent et exigent », poursuit Mo Ibrahim, il faudra « des améliorations partagées et durables dans chacun des domaines de gouvernance ».

Lire l’intégralité du rapport IIAG 2015 consacré à Maurice ici.