« Dear Sir, Further to the government decision conveyed to both Betamax and the STC at the meeting of the ministerial committee held at Government House on Friday 30th January 2015. The State Trading Corporation is unable to avail itself of your services for the transport of petroleum products from New Mangalore any longer ». C’est par cette correspondance laconique que Betamax a été officiellement notifiée de la décision du gouvernement de ne plus requérir les services du tanker Red Eagle pour transporter le carburant destiné au marché local. Le courrier a été expédié peu avant 10h, ce mercredi. Une conférence de presse serait prévue cet après-midi par le conseil interministériel pour expliquer plus en détail la décision du gouvernement et préciser les prochaines étapes dans la gestion du contentieux qui oppose l’Etat à Betamax.

Depuis l’annonce de la décision du gouvernement, vendredi dernier, un certain flou a plané sur la marche à suivre. Ainsi, si Betamax était en présence d’une décision notifiée verbalement, aucune correspondance officielle ne lui avait été envoyée dans ce sens. Notamment pour préciser si le contrat était annulé avec effet immédiat. Le facteur temps n’est pas du tout anodin, car à lundi, le Red Eagle débarquait encore du carburant dont il avait pris livraison à Mangalore, en Inde, quelques jours auparavant. De plus, le déchargement terminé, le tanker de Betamax aurait dû reprendre la mer pour aller chercher une nouvelle cargaison. Selon nos recoupements, le Red Eagle aurait dû appareiller ce mercredi matin.

C’est pour clarifier le statut actuel du contrat que Betamax a envoyé un courrier à la STC, lundi, pour lui demander de préciser par écrit, et avant 17h, ce jour-là, si le contrat avait été annulé avec effet immédiat. La réponse de la STC est arrivée peu avant l’heure H. L’institution publique a informé Betamax qu’il lui faut plus de temps pour lui faire parvenir ce courrier.

Ce sont les mots écrits qui ont, semble-t-il, contribué à envenimer la situation entre le gouvernement et Betamax. En effet, à l’Hôtel du gouvernement, on remarque que l’attitude de l’entreprise, qui a répliqué immédiatement aux annonces du gouvernement par des communiqués de presse, a déplu et installé un doute sur la volonté réelle de Betamax de revenir à la table des négociations. Et surtout de consentir à d’importantes concessions sur l’exécution du contrat.

Les services de Betamax suspendus, l’ambiance demeure sereine à l’Hôtel du gouvernement. En effet, les proches du dossier estiment que même si la compensation que l’Etat aura éventuellement à payer à Betamax sera élevée, cette somme demeurera moins importante que l’économie réalisée par l’Etat en requérant les services d’autres transporteurs.

Si la fin de la relation commerciale entre l’Etat et Betamax est entérinée, les modalités du divorce restent néanmoins à être confirmées. En effet, le gouvernement a déjà précisé, à travers le ministre Roshi Bhadain, qu’il considère le contrat comme étant «illégal»; par conséquent, ses clauses, ne sont pas applicables. Betamax affirme, lui, que le document est tout à fait légitime. Selon l’interprétation qui est donnée, c’est un arbitre ou une cour de justice qui tranchera la question.

Mais le gouvernement entend bien démontrer l’illégalité. Pour cela, l’aide de la police a déjà été sollicitée. Elle enquête sur les conditions dans lesquelles le contrat a été signé en novembre 2009. A la STC, on évoque qu’à son arrivée à la tête de l’institution fin 2010, l’actuel directeur Megh Pillay aurait tenté de signaler des clauses jugées anormales ou exorbitantes du contrat. En vain. L’enquête s’intéressera ainsi aussi aux fonctionnaires chargés de vérifier la légalité du contrat et de conseiller en conséquence le gouvernement sur l’opportunité de le signer.