Jean-Claude Bastos de Morais, le patron de la société Quantum Global installée dans l’offshore mauricien, a été arrêté lundi 24 septembre et placé en détention préventive par les autorités angolaises dans le cadre de l’enquête sur des détournements allégués du fonds souverain angolais. Son ami et ancien responsable du Fundo Soberano de Angola (FSDEA), Jose Filomeno dos Santos, dit Zenú, fils de l’ex-président angolais Jose Eduardo dos Santos, a également subi le même sort.

Il est reproché à l’homme d’affaires angolo-suisse, signalé dans les Paradise Papers de l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), d’avoir obtenu la gestion du FSDEA à cause de sa proximité avec Jose Filomeno dos Santos et d’avoir utilisé des milliards de dollars, censés être réinvestis à travers des sociétés offshore mauriciennes, dans des projets personnels. Un émissaire du président angolais Joao Lourenço avait été dépêché à Maurice afin que la Financial Intelligence Unit (FIU) enclenche les procédures pour geler les comptes de ses sociétés en avril dernier.

Toute cette affaire avait démarré dans le sillage d’un «tip off» de la National Crime Agency (NCA) britannique quant à un transfert de 500 millions de dollars du FSDEA sur le compte d’une société de Jose Filomeno dos Santos dans une banque suisse à Londres. La détention du fils préféré Jose Eduardo dos Santos est justifiée de par «la complexité et la gravité des faits» et aussi pour «garantir l’efficacité de l’enquête», a annoncé le procureur général angolais.

Le procureur a déclaré lundi soir que le dossier à charge contient suffisamment de preuves démontrant que «les accusés se sont engagés dans des activités de corruption». Blanchiment d’argent, perception indue d’avantages, ou encore escroquerie sont parmi les délits qui leur sont reprochés. Durant la semaine écoulée, l’ex-ministre angolais du Transport, Augusto da Silva Tomas, a été arrêté pour détournement de fonds publics.

L’opposition angolaise, l’Unita, a félicité le président Joao Lourenço d’avoir tenu sa promesse de faire le ménage au sein du gouvernement dirigé d’une main de fer jusqu’à l’an dernier par Jose Eduardo dos Santos. Après 38 ans de règne, il avait placé ses proches à des postes-clés de l’économie, telle sa fille Isabel dos Santos, au sein de la société d’Etat gérant les puits de pétrole. Considérée comme la femme la plus riche d’Afrique par Forbes, avec une fortune personnelle estimée à 2,7 milliards de dollars, elle a été limogée par Joao Lourenço, pourtant désigné par Jose Eduardo dos Santos pour le succéder.

Angola est le second pays producteur de pétrole du continent noir, mais il patauge dans la corruption, une économie moribonde et un fort taux de chômage.