Le silence total de la radiotélévision nationale au sujet des évacuations de La Butte et des démolitions à Barkly, hier, a été la goutte d’eau de trop. Tôt, ce samedi matin, la décision de convoquer un conseil d’administration spécial de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) a été prise. C’est lors de cette réunion, qui a débuté peu avant 11h, que le board a décidé de s’en remettre à Pravind Jugnauth.

Le Premier ministre a fait parvenir un courrier à Baldowa, dans le courant de l’après-midi, lui demandant de step down.

Selon la MBC Act, le conseil d’administration de la corporation n’a pas le pouvoir de révoquer ou de suspendre le directeur général de l’institution. Le board de la MBC a donc recommandé que le Premier ministre demande à Mekraj Baldowa de «step down» en attendant qu’une enquête interne détermine les conditions entourant le black-out de la radiotélévision nationale sur les incidents de ce vendredi.

Des couloirs de Moka, nous apprenons que le conseil d’administration se réunira à nouveau la semaine prochaine pour constituer le comité d’enquête chargé de faire la lumière sur ce qui s’est passé dans le newsroom de la MBC, ce vendredi. Si le directeur général de la MBC a été suspendu, nous apprenons que le journaliste assurant l’intérim au poste de Director of News, hier, est également sous le coup d’une suspension. Comme Baldowa, il sera appelé à fournir ses explications au comité d’enquête.

Ce n’est qu’à la lumière des conclusions du comité d’enquête que Baldowa réintégrera sa fonction ou sera limogé. D’ici la fin de l’enquête, Anooj Ramsurrun, le directeur général adjoint de la radiotélévision nationale, assure l’intérim à la tête de l’institution. Il a été nommé en même temps que l’actuel directeur général fin mai.

La décision de suspendre Baldowa arrive au moment où sa performance est l’objet de critiques au sein même de la MBC. A Moka, on déplore les rivalités qui se sont installées. Notamment avec une aile du personnel remettant en question la capacité du directeur général à diriger l’institution. Mais, surtout, à donner un sens de direction à la rédaction de la MBC. Les journalistes de la corporation opèrent d’ailleurs toujours sans un directeur de rédaction titularisé. Au newsroom de la MBC, l’absence d’un patron de la rédaction d’expérience est présenté comme la principale cause de la baisse perçue du traitement de l’actualité par la radiotélévision nationale depuis ces derniers mois.