Les femmes cleaners, dont les grévistes de la faim, reçoivent un soutien de taille. Le Cardinal Maurice Piat prend position en leur faveur. Trouvant leurs salaires de Rs 1 500 à Rs 2 000 «injuste». L’évêque de Port-Louis demande la mise sur pied d’une «’task force’ pour trouver une solution intérimaire» en attendant des amendements à la législation. «Pour qu’elle soit plus conforme à un minimum de justice», déclare l’homme d’église.

Certes, la rémunération de ces femmes correspond aux dispositions légales, reconnaît le chef religieux. Qui ne manque toutefois pas de souligner : «Si une loi permet qu’une situation aussi injuste pour des personnes perdure pendant des années, c’est qu’il y a un problème dans cette loi.»

Le Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC) a aussi exprimé, ce matin via communiqué, sa solidarité avec les femmes cleaners «qui revendiquent en ce moment un salaire décent». L’organisme chargé de la gestion des écoles catholiques note ainsi que «cette situation perdure pas mal d’années» et qu’il en a informé le ministère de l’Education. La Roman Catholic Education Authority souhaite d’ailleurs employer 52 cleaners. La requête, envoyée au ministère de l’Education, «est toujours en attente», fait savoir le SeDEC.

Le SeDEC a aussi recours à des prestataires du privé pour le nettoyage des écoles. Le dernier appel d’offres, indique l’organisme, précise que le personnel de nettoyage doit toucher un salaire qui correspond au minimum à ce que prévoit le Remuneration Order correspondant.

Le SeDEC souhaite «un dialogue profond pour revoir toute la question du service de nettoyage dans les écoles».

Le père Maurice Labour, vicaire de Port-Louis, s’est aussi prononcé en faveur des femmes cleaners qui touchent «un salaire de misère»le lundi 23 octobre. Appelant le gouvernement à ouvrir le dialogue et à revoir les lois pour «respecter la dignité de ces cleaners».

Y aura-t-il un dénouement positif aujourd’hui, alors que quatre femmes cleaners, Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo en sont à leur dixième jour de grève de la faim ? Cinq membres du comité de soutien font le va-et-vient entre le ruisseau du Pouce, où les grévistes sont installés depuis la semaine dernière.

Le Premier ministre animera un point de presse à 16h.