Elle a perdu son combat contre un cancer du pancréas. Celle qui a chaviré les cœurs de sa voix chaude et puissante pendant des décennies s’est éteinte chez elle à Détroit, entouré de sa famille et de ses proches, ce jeudi 16 août.

Sa famille pleure leur «matriarche» et leur «roc», soulignent ses proches dans un communiqué.

Fille de pasteur, elle est née le 25 mars 1942 à Memphis. A 5 ans, elle chante le gospel à l’église lorsque ses parents se séparent et son père déménage pour Détroit. Ses deux sœurs chantent également, Elle finira par faire une tournée des Etats-Unis dans la caravane de gospel de son père. Avant d’être remarquée à l’adolescence par et de signer chez Columbia Records.

Les chansons qui font son succès remontent à la fin des années 1960. Aretha Franklin est alors avec Atlantic Records. C’est d’ailleurs sous ce label que sa carrière d’auteure-interprète décolle vraiment, note le magazine People.

Si les années qui suivent révèlent une discographie inégale, Aretha Franklin saura tout de même perdurer. Et se faire également une place dans le monde de la pop, note le magazine Rolling Stone, et se réinventer à la fin des années 2000.

Son dernier album, «A Brand New Me», est sorti en novembre 2017.

Plus de 20 de ses chansons seront en tête des hit-parades américains. Pianiste autodidacte, Lady Soul – dont la palette vocale s’étend sur quatre octaves – collectionne les récompenses : 18 Grammy Awards dont dix dans la catégorie Meilleure performance vocale R&B, récipiendaire du  National Medal of Arts by the National Endowment for the Arts en septembre 1999 et du Presidential Medal of Freedom des mains de George W. Bush en novembre 2005, première femme à intégrer le Rock and Roll Hall of Fame en 1987…

Aretha Franklin a aussi été active dans la lutte pour les droits civils aux USA dans les années 1960 aux côtés de Martin Luther King Jr. Pour lever des fonds pour ce dernier, se souvient le révérend Jesse Jackson, activiste (tel que rapporté par CNN), elle a fait une tournée dans onze villes.

Après un dernier concert de lever des fonds destinés à la lutte contre le VIH-Sida, fin 2017, la chanteuse a fait ses adieux. Car affaiblie par la maladie. Elle avait révélé souffrir de cancer sept ans plus tôt.

Les hommages, du monde politique et artistique notamment, affluent depuis l’annonce de son décès. Le chanteur Elton John, qui était à son dernier concert en novembre dernier, a déclaré : «Je l’adorais et je vénérais son talent.» Et dans un autre tweet : «La reine est morte. Vive la reine.»

Le président Trump a, dans une déclaration aujourd’hui, salué son «extraordinaire héritage».

«L’Amérique n’a pas de royauté. (…) à chaque fois qu’elle chantait, nous avons eu le bonheur d’un aperçu du divin», ont pour leur part écrit l’ancien président US Barack Obama et son épouse Michelle. Ajoutant : «A travers ses compositions et sa musicalité inégalée, Aretha a aidé à définir l’expérience américaine. Dans sa voix, nous pouvions sentir notre histoire, entièrement et dans toutes ses nuances – notre force et notre douleur, notre noirceur et notre lumière, notre quête de rédemption et notre respect durement acquis. Elle nous a aidés à raffermir les liens entre nous, à être plus optimistes, plus humains. Et parfois, elle nous aidés à simplement oublier tout le reste et danser.»

Aretha Franklin avait arraché quelques larmes à Barack Obama en 2015 avec sa performance de «(You Make Me Feel Like) A Natural Woman».

L’ancien président US Bill Clinton et son épouse Hillary ont, eux aussi, rendu hommage à «l’un des plus grands trésors de l’Amérique».