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Le Mauricien du 25 août relate une situation d’agitation, de dégradation de biens matériels, de colère des mineures résidentes du Rehabilitation Youth Centre (RYC). Situation qualifiée par ce média d’« épisode ».

Avec pour titre « PSS, police de Barkly et d’autres renforts appelés à la rescousse pour calmer les ‘jeunes filles en folie’ ».

Outre le comportement de ces jeunes,  expression d’immense souffrance, le vocabulaire choisi par ce média pose question.

« Jeunes filles en folie » ? Bien que ce terme soit entre guillemets, est-il approprié pour qualifier ces mineures résidentes ?

Ce « groupe de détenues qui sème la zizanie […] a trouvé une nouvelle parade : aster zot aval bout  vitre…», déclare l’un des officiers.

C’est une parade que d’avaler des morceaux de verre ?
Non, cet acte relève de la violence ! De la violence contre soi.

Faute de mise en mots, les actes  de provocation, de violence traduisent une grande souffrance intérieure.

C’est notre responsabilité à tous de prendre conscience de la signification de ces actes.

Selon des officiers de cette institution, « la situation s’aggrave… Ces jeunes filles deviennent de plus en plus incontrôlables et n’hésitent pas à s’exhiber en toute petite tenue devant les policiers ... »

Qu’est-ce que ces comportements expriment ?

Qu’est-ce qu’elles ne peuvent pas dire qu’elles mettent en actes ?

Ont-elles un espace de parole ? Un espace de confiance, de confidentialité où elles peuvent dire ce qu’elles ressentent ?

Certes, dégrader des biens matériels n’est pas approprié comme expression. Tout message exprimé sans respect de soi, de l’autre et de l’environnement ne sera que difficilement entendu.

Le Kolektif  Dwra Zanfan Morisien, collectif d’ONG, a insisté sur l’abolition de la section 18 de la Juvenile Offenders Act, mentionnant les ‘uncontrollable children’.  Les parents ou responsables d’un enfant, incapables de le contrôler, peuvent l’envoyer au RYC. Aberrant.

Ces mineures enfermées sont déjà rejetées par leur famille. Source de souffrance. Même si elles ne le disent pas.

Les parents ont la responsabilité première de s’occuper de leur enfant. De subvenir à ses besoins de bases : le nourrir, le loger. Et surtout de l’aimer. Malgré les confrontations. Malgré les manques de compréhension.

Ce rejet des parents est douloureux.

De plus, plusieurs travailleurs sociaux ont dénoncé les conditions de détention de ces mineures. Ainsi que le non-respect de leurs droits. Droit à l’éducation. Droit à la liberté d’expression. Droit aux loisirs. Droit de rester en contact avec leur famille. Ce non-respect des droits fondamentaux peut être source de frustration.

La ministre Sheila Bappoo annonce l’ouverture d’un Correctional Youth Centre (CYC) pour  filles. Ce qui, selon elle, « aidera grandement à décanter la situation et soulager l’actuel problème »

Madame la Ministre, d’autres solutions peuvent et doivent être trouvées.

  • Les parents ont besoin d’être aidés dans leur parentalité. Il est capital de leur donner les outils pour mieux comprendre ce qui est en jeu dès la naissance et au moment de l’adolescence. Leur donner les moyens d’éviter le recours à la violence. Selon l’OMS en 2014 : « L’accompagnement des enfants et des familles dans la durée peut réduire le risque de répétition des mauvais traitements et minimiser leurs conséquences […], améliorer les compétences des parents en matière d’éducation, leur inculquer de meilleures connaissances du développement de l’enfant et promouvoir des stratégies positives de gestion du comportement de l’enfant ; interventions à volets multiples, avec généralement des composantes soutien et éducation des parents, enseignement préscolaire, et soins à l’enfant. »

C’est ce volet qu’il importe d’investir. Bien plus que l’ouverture d’un CYC pour les filles.

  • Au lieu de constater les « rechutes » de ces résidentes qui sont emprisonnées à l’âge adulte, pourrait-on penser à abolir cette section 18 du Juvenile Offenders Act ?
  • Pourrait-on penser à un  réel programme de réhabilitation et de réinsertion ? De qualité. Mis en place rapidement ? Effectué par des personnes compétentes ?
  • Pourrait-on considérer une augmentation de travailleurs sociaux qualifiés et compétents pour aider les familles, incluant ces enfants ?

Pourrait-on voir ces enfants comme des êtres bons ? Ne demandant qu’à être écoutés et aimés ? N’ayant que peu de moyens ou des moyens peu appropriés pour exprimer leur souffrance ?

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