Après des mois d’études du dossier, le Directeur des Poursuites publiques (DPP) a pris sa décision. « Il y a suffisamment de preuves pour initier des poursuites au pénal contre M. Pravind Kumar Jugnauth pour conflit d’intérêts ».

L’article 13(2) de la Prevention of Corruption Act (POCA) dispose que « where a public official or a relative or associate of his has a personal interest in a decision which a public body is to take, that public official shall not vote or take part in any proceedings of that public body relating to such decision ».

C’est le 29 décembre 2010 que l’Etat a acheté la Clinique Medpoint, dont les principaux actionnaires sont le Dr Krishan Malhotra ainsi que son épouse, la sœur de Pravind Jugnauth. Ce dernier était vice-Premier ministre et ministre des Finances lorsque les principales procédures menant à la vente de la clinique ont été effectuées. C’est le 30 avril 2010 que l’Etat a lancé un appel d’offres pour la mise sur pied d’une clinique gériatrique. Un peu plus de six mois plus tard, soit le 14 décembre 2010, l’Etat informe officiellement les actionnaires de la clinique Medpoint de son intention de racheter l’établissement hospitalier.

L’arrestation de Maya Hanoomanjee, alors ministre de la Santé, dans le cadre de l’enquête sur le rachat de Medpoint, débouche sur une vive tension au sein de l’alliance gouvernementale. Menant à la démission de six ministres MSM le 26 juillet 2011. Quelques jours plus tard, le parti soleil décide de rejoindre l’opposition. Début avril 2013, le bureau du DPP annonce toutefois qu’il renonce à poursuivre Hanoomanjee en vertu des articles 7 (Public official using his office for gratification) et 9 (Influencing public official) de la POCA. Les charges pour conflit d’intérêts à l’encontre de Pravind Jugnauth sont toutefois maintenues.

Le leader du MSM a toujours affirmé ne pas être intervenu dans les procédures d’achat de la clinique Medpoint. Il a également affirmé avoir quitté le conseil des ministres à chaque fois que ce sujet y a été évoqué.