« Trop de faits ont été dissimulés. » Alors que le Premier ministre avait pris de haut le leader de l’opposition dans cette affaire, il y a quelques semaines, sir Anerood Jugnauth (SAJ) vient reconnaître aujourd’hui que des zones d’ombre subsistent dans l’enquête sur le vol qu’a subi le fils du n2 de la police, Tangavel Seerungen.

« Mieux vaut tard que jamais », a déclaré Paul Bérenger face à cette décision.

« Il y a eu tentative de ‘cover-up’ », a concédé le chef du gouvernement. Le Premier ministre a ainsi ordonné qu’une enquête indépendante soit menée sur toute cette affaire, en particulier pour déterminer si les procédures et instructions au niveau de la police ont été bafouées.

Un magistrat présidera les investigations. SAJ a accédé à la requête de Paul Bérenger pour qu’un Senior Magistrate soit nommé, dans la mesure du possible. Les responsables, assure le Premier ministre, auront à répondre de leurs actes.

Pour qu’il n’y ait aucune ingérence, a indiqué le Premier ministre, le DCP Seerungen sera prié de prendre congé. « Le Commissaire de police donnera également des instructions pour que le DCP Seerungen n’ait accès à aucun document ni ne puisse nuire à un quelconque témoin », a déclaré SAJ.

Le Central Criminal Investigation Department est en possession des Diary Books des postes de police de Rose-Hill et de Coromandel. Et donc «  en sécurité », a répondu le Premier ministre à une interpellation supplémentaire de Paul Bérenger durant cette Private Notice Question.

Le fils du DCP, Saven Seerungen, conduisait la voiture de fonction de son père lorsqu’il s’est fait braquer aux alentours de Coin Idéal, à Rose-Hill, le 27 mai. Il y a laissé son téléphone portable, la somme de Rs 1 000, ses chaussures et le véhicule, a listé le leader du MMM en citant l’occurrence book du poste de police de Rose-Hill.

Ce qui avait toutefois choqué Bérenger, c’est qu’il semble que le DCP Seerungen soit intervenu dans cette affaire. Se déplaçant au poste de police de Rose-Hill le soir même.

La police a aussi remis le portable et la voiture, quand celles-ci furent retrouvées, au fils du DCP avant que celui-ci ne fasse de déposition. Celle-ci a, en effet, eu lieu presque un mois plus tard, soit le 25 juin à son domicile. C’est à ce moment-là qu’a démarré l’enquête formelle de la police.

Deux suspects ont d’ailleurs été arrêtés et font face à une charge provisoire de « larceny with violence ». Leur dossier a été référé au Directeur des poursuites publiques.