Un fort contingent de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), dirigé par l’adjoint au commissaire de police Choolun Bhojoo, a investi le point de vente d’héroïne opérant en bordure de Cité Zanfan Bor Larivier, au bout de la rue Alfred Besnard, à Roche-Bois. C’est vers 13h20 que l’opération a été déclenchée, ce 10 octobre. Depuis des semaines, un groupe de caïds constitué de Mauriciens et de Rodriguais gère cette échoppe construite à l’entrée de ce quartier occupé par des squatters.

Ce réseau, qui opérait préalablement à Cité Briquetterie, non loin de Karo Kalyptis, profitait que l’endroit soit un no man’s land pour vendre de l’héroïne au détail au grand jour. Les toxicomanes trouvaient en ces lieux l’endroit idéal pour s’injecter leur dose, à l’ombre des cases en tôle, sans craindre une descente de police. Les habitants ne pouvaient protester, par crainte de représailles.

C’est dans le cadre d’un reportage sur le sort des Rodriguais dans les faubourgs de la capitale, la semaine dernière, qu’ION News a, par le plus grand des hasards, surpris le défilé des toxicomanes. Des guetteurs étaient placés dans un virage menant à Cité Zanfan Bor Larivier pour y contrôler l’accès. Seuls les toxicomanes et les riverains pouvant circuler. En d’autres occasions, des rochers étaient placés à même la route pour éviter que la police ne les surprenne.

Avec la diffusion de la vidéo d’ION News montrant une longue file d’attente devant le point de vente à la rue Alfred Bernard, l’Hôtel du gouvernement avait réclamé des explications à la direction de la Brigade antidrogue. Le leader du MMM, Paul Bérenger, n’a pas manqué de fustiger le gouvernement quant à son inaction.

L’ADSU avait placé l’endroit sous surveillance depuis plusieurs jours déjà. Elle attendait le moment opportun pour passer à l’action, histoire d’appréhender les principaux responsables du réseau avec de la drogue. Pendant ce temps, le trafic continuait de plus belle et le bruit courait parmi les dealers que la police allait effectuer une descente ce mercredi 10 octobre.

Ce qui expliquerait qu’un seul suspect a été arrêté avec deux doses d’héroïne, les autres ayant pris la fuite comme on le voit sur cette vidéo. Le point de vente a, lui, été démoli, étant une structure illégale.

Ce mercredi, l’équipe d’ION News a été attaquée à coups de pierres par un groupe de «jockeys» aux alentours de la conserverie de Princes Tuna. C’est l’un des points de fuite des dealers où la police n’était pas présente.