«Silence please! Court! Switch off your mobile phones.» Dans la salle n° 7, en cour intermédiaire, le ton est donné par l’huissier à l’ouverture de l’audience ce vendredi matin. Le magistrat Raj Seebaluck fait son entrée. Les personnes présentes doivent se lever en signe de respect. Quelques minutes plus tard, après avoir expédié quelques affaires et balayé la salle d’un regard sévère, il fait signe à l’huissier de s’approcher. L’huissier prenant son temps à exécuter l’ordre qu’il vient de lui donner, le magistrat laisse éclater sa colère envers une femme d’une trentaine d’années vêtue d’un minishort en jeans.

«Mo donn ou enn dernie warning, pa met sort ek vinn dan mo lakour», tonne Raj Seebaluck. Tête baissée, visiblement prise au dépourvu, la jeune femme tente tant bien que mal de s’excuser. «Mo’nn vinn lor motosiklet», glisse-t-elle. Le magistrat ne se laisse pas amadouer et lâche : «Ou vinn par avion, bato, motosiklet… ou bizin abiy bien kan ou vinn lakour.»

Même s’il n’existe aucune loi quant au code vestimentaire à adopter par les personnes se présentant en cour, les règles de bienséance exigent qu’elles soient convenablement vêtues. L’ancien magistrat Raouf Gulbul explique qu’un magistrat a le devoir de maintenir le décorum dans une salle d’audience. Il doit veiller à ce que toute personne soit décemment vêtue. L’avocat rappelle que les règles étaient plus rigides auparavant. Il était, par exemple, obligatoire pour les avocats de porter un manteau noir et des chaussures assorties.

Me Gulbul raconte aussi cette anecdote d’il y a vingt ans : une femme avait enfilé sa robe de mariée le jour où la cour traitait son divorce sur le fond. Elle avait quand même pu assister à l’audience.